No, I'm not a Human : derriĂšre chaque porte, le doute

Comme cela a Ă©tĂ© prĂ©cisĂ© dans une prĂ©cĂ©dente news, No, I'm not a Human est au dĂ©part un jeu dâhorreur psychologique qui faisait partie dâune compilation de quatre titres au sein de la Violent Horror Stories: Anthology arrivĂ©e en aoĂ»t 2024. LâĆuvre de Trioskaz sortant du lot, elle a eu la chance de bĂ©nĂ©ficier dâune nouvelle Ă©dition plus aboutie et distribuĂ©e par Critical Reflex, sortie le 15 septembre dernier sur Steam. MĂȘme s'il mâarrivera parfois dâaborder sa premiĂšre version, ce test concernera en rĂ©alitĂ© cette réédition, car il ne sâagit pas seulement dâune mouture enrichie au niveau du gameplay et de la durĂ©e de vie, mais Ă©galement d'un lĂ©ger changement dâapproche. Mais pour le moment, asseyez-vous tranquillement, nous allons aborder de sombres phĂ©nomĂšnes inexpliquĂ©s au-delĂ de Factor.
Test réalisé sur une version commerciale du jeu.

Toutefois, comme il se fait tard, il approfondira le sujet le lendemain pour aborder les consignes Ă suivre pour survivre les jours qui viennent. Mine de rien, on vient dâexplorer la plus grosse mĂ©canique du jeu la nuit, qui tient son inspiration du roman graphique, et vous permet dâen savoir un peu plus sur votre interlocuteur Ă la porte en lâinterrogeant, ce qui donnera souvent lieu (mais pas toujours) Ă des choix binaires, du genre « Entre, mon gaillard ! » ou bien « Tu devrais quitter les lieux ».
Ce sera votre routine du matin. Dâailleurs il ne faudra pas hĂ©siter Ă la regarder autant que faire se peut. Non seulement pour vous abrutir, mais Ă©galement pour rĂ©cupĂ©rer des numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone qui pourront sâavĂ©rer fort utile par la suite. Inutile de les Ă©crire sur un papier, ils seront automatiquement notĂ©s sur un post-it Ă cĂŽtĂ© du tĂ©lĂ©phone, et surtout ils vont changer Ă chaque run. Personnellement, ça fait presque 25 ans que jâai arrĂȘtĂ© de regarder la tĂ©lĂ©, mais je me fends toujours la poire dans les versions vidĂ©oludiques. Bon, ici moins, mais vu le sujet, câest comprĂ©hensible.

Bien Ă©videmment, il faudra sonder les personnes hĂ©bergĂ©es chez vous pour voir si vous nâavez pas accueilli malencontreusement un visiteur. Chaque examen vous consommera une barre dâĂ©nergie. En revanche, le papotage, lui, ne fatigue plus comme câĂ©tait le cas dans VHS: Anthology. Dâailleurs, le fait dâĂ©changer avec vos rĂ©sidents est parfois moins profond, je trouve. Dans lâopus originel, le contexte jouait plus Ă propos de lâauthenticitĂ© concernant lâexistence mĂȘme de ces visiteurs, et ce quâils sont en rĂ©alitĂ©. Mais nous y reviendrons.

Votre voisin vous encourage Ă jeter un Ćil dehors la nuit. Vous avez des provisions et ĂȘtes en capacitĂ© de survivre en attendant que le gouvernement trouve un moyen de mettre tout le monde Ă lâabri. Il faut ainsi ne pas sâexposer au soleil,ne pas se mouiller et ne pas manger aprĂšs minuit. Non, ça jâai dĂ» le voir ailleurs. Bon voisin, il vous donne son numĂ©ro, et surtout il vous laisse tout plein de biĂšres dans le frigo avant de vous quitter pour retrouver sa femme et sa fille le soir venu. "S'en jeter une" est un moyen de vider toute son Ă©nergie dâun coup pour aller dormir la journĂ©e. Dâailleurs, lorsque lâon boit une canette, comme pour dâautres interactions, on a dĂ©sormais droit Ă de petites animations. Câest un petit plus sur les mĂ©caniques pointer-cliquer du titre qui reste ma foi sympathique.
Le protagoniste que vous jouez est une personne qui vit isolĂ©e chez elle. Vous aurez la possibilitĂ© dâavoir plus dâinformations sur son passĂ©, mĂȘme si ce nâest pas la partie la mieux Ă©crite, je trouve. Et câest dâailleurs sur ce point que je regrette parfois un peu la version de VHS, dans le sens oĂč par exemple, nous avions des discussions plus poussĂ©es avec certains occupants Ă propos des visiteurs. On pouvait lĂ©gitimement se demander si ce nâĂ©tait justement pas cette paranoĂŻa qui avait créé ce phĂ©nomĂšne, peut-ĂȘtre Ă partir dâune rumeur. La version de 2025 de No, I'm not a Human rĂ©pond trop rapidement Ă cette question, laissant peu de place au doute concernant lâexistence de ces crĂ©atures. Je ne vous rĂ©vĂšle rien, câest prĂ©sent dans les bandes-annonces. Toutefois, cette fois-ci, vous avez diffĂ©rentes versions possibles sur leurs origines. Câest en cela qu'il y a un lĂ©ger changement dâapproche.

Câest dans ce couloir que vous pourrez avoir accĂšs Ă la radio, qui est une nouveautĂ©. Vous devrez trouver une station fonctionnelle en passant de la bande AM Ă celle de la FM histoire dâen savoir plus sur ce qui se passe. L'appareil contribue fortement Ă cette atmosphĂšre dâangoisse rĂ©ussie, par la diffusion de messages relatant des faits supposĂ©s et exprimĂ©s dans une langue Ă©touffĂ©e imaginaire elle-mĂȘme sous-titrĂ©e. Lâajout du tĂ©lĂ©phone est aussi rĂ©cent. Il vous permettra par exemple de commander des livraisons pour le soir mĂȘme (mal traduit par « demain soir »). Ces items (cafĂ©, boisson Ă©nergisante, cigarettes, etc.) vous donneront un petit bonus provisoire. Ă la rĂ©ception de la commande, vous ne pourrez plus commander avant le surlendemain. Au bout dâun moment, lâachat dâune prĂ©paration de kombucha (une boisson fermentĂ©e lĂ©gĂšrement acide et sucrĂ©e Ă base de thĂ© noir) sera disponible.

Alors, quâest-ce que le kombucha ? Au dĂ©part, câĂ©tait le seul moyen de sauvegarder sans perdre sa progression dans un jeu qui a une durĂ©e de vie de trois heures pour une premiĂšre expĂ©rience, puis moins de deux heures par la suite (la version de 2024 durait une heure). Vous nâaviez quâun bocal et câĂ©tait assez compliquĂ© dâen avoir dâautres par la suite. Malheureusement, depuis lâune des nombreuses mises Ă jour dĂ©ployĂ©es depuis que jâai commencĂ© Ă Ă©crire ce test, le jeu sauvegarde dĂ©sormais automatiquement lorsque vous le quittez, suite Ă la demande insistante de certains joueurs.
Toutefois, je peux comprendre que tout le monde nâait pas connu les rubans encreurs pour machine Ă Ă©crire dans les premiers Resident Evil. Alors, un petit conseil, si vous avez sauvegardĂ© avec le kombucha et que vous ne souhaitez pas perdre cette progression, il vous suffira de passer par le menu principal. Oui, il nây a quâun slot de sauvegarde qui sera remplacĂ© si vous quittez le jeu pour revenir au bureau Windows. En revanche, la sauvegarde "kombucha" ne sâĂ©crase plus dĂšs que vous dĂ©bloquez une fin comme avant. Câest-Ă -dire que vous pouvez enchaĂźner plusieurs fins avec la mĂȘme sauvegarde, si vous avez rempli les conditions, bien Ă©videmment.
La nuit tombĂ©e, vous aurez accĂšs Ă trois fenĂȘtres, deux avec des stores et une avec un rideau (la prĂ©cision est complĂštement inutile, et en plus jâai relancĂ© le jeu pour vĂ©rifier). Sur la premiĂšre partie (parce que oui, vous risquez dâen faire plus dâune), vous ĂȘtes invitĂ© Ă regarder tous les soirs lâĂ©volution de la situation. LĂ encore, nous sommes dans un roman graphique, mais les Ă©vĂ©nements deviennent de plus en plus dĂ©concertants. Le style mĂ©lange habilement dessins et photographies retouchĂ©es, ce qui donne une direction artistique Ă la fois atypique et lugubre. Ajoutons cela au ton inquiĂ©tant des musiques nocturnes et cela en devient vite trĂšs malaisant Ă souhait.
Nous arrivons Ă la premiĂšre partie de la phase de jeu qui est la porte dâentrĂ©e. Plusieurs fois, on toquera Ă votre porte. Dans le judas optique, vous verrez votre interlocuteur. Ce seront souvent des gens qui vous demanderont refuge. Vous avez en gros la possibilitĂ© de poser deux questions (parfois plus). Ensuite, Ă vous de prendre la dĂ©cision de les laisser entrer chez vous ou non. Sur votre premiĂšre partie, ça peut en dire beaucoup sur vous. Si vous refusez dâabriter la personne, elle peut vous proposer un item pour vous faire changer dâavis. De la mĂȘme maniĂšre, si vous en acceptez une, elle peut vous demander dâen faire partir une autre qui la dĂ©range. LĂ encore, vous ĂȘtes seul maĂźtre Ă bord.

Tout ne sera pas aussi simple, vous vous en doutez. Il y a des personnages qui apparaĂźtront pour vous donner lâopportunitĂ© de dĂ©bloquer dâautres fins. Car oui, il y a des Ă©vĂ©nements cachĂ©s qui demandent de remplir plusieurs conditions pour les valider. De plus, la nuit, vous risquerez aussi votre vie, car dâun cĂŽtĂ©, il ne faut pas que lâon vous prenne pour un visiteur, et de lâautre, vous ne devez pas rester seul. Et câest lĂ que la Federal Emergency Management Agency (FEMA), littĂ©ralement l'Agence FĂ©dĂ©rale de Gestion des Urgences, viendra vous casser les pieds.
Alors, bien que lâorganisme soit inspirĂ© par son homographe Ă©tats-unien, lâaction se situe en rĂ©alitĂ© dans un pays fictif, trĂšs probablement post-soviĂ©tique. Ils viendront rĂ©guliĂšrement rĂ©cupĂ©rer des rĂ©sidents pour leur faire subir un examen, vous forçant ainsi Ă ĂȘtre parfois moins regardant sur les entrĂ©es, ce qui pourra poser problĂšme la journĂ©e, comme vous vous en doutez. Lâagent qui reprĂ©sente cet organisme et qui porte une combinaison de protection de type bactĂ©riologique, ce qui nâest pas rassurant vous en conviendrez, vous donnera parfois un bulletin FEMA qui sera utile pour la journĂ©e. On y reviendra.

La premiĂšre Ă©tape consiste Ă discuter avec eux. Ăa ne consomme pas dâĂ©nergie. Ensuite, vous allez pratiquer des examens plus poussĂ©s si vous soupçonnez quelquâun. Sauf que la tĂ©lĂ© vous donne un signe distinctif par jour, et les premiers ne sont pas pertinents du tout, sachant quâils vous coĂ»tent une barre dâĂ©nergie (sur deux, trois ou quatre !). Par exemple, le premier indice est que les visiteurs ont les dents parfaitement blanches (!). Au fur et Ă mesure, cela sâĂ©toffe, mais vous comprendrez quâau dĂ©but, si quelquâun se trouve avoir les dents blanches, vous allez avoir un gros doute. Quoi quâil en soit, soit vous laissez pisser, soit vous dĂ©gainez votre fusil Ă pompe. MenacĂ©, votre rĂ©sident essaiera de vous fournir des explications. Ă vous de le croire ou non.

Ăa se complique lorsque vous vous rĂ©veillez en sentant une dĂ©testable odeur de cadavre. LĂ , plus aucun doute, vous avez un ou plusieurs visiteurs. Du reste, vous retrouvez alors un de vos gentils rĂ©sidents soigneusement emballĂ© dans des sacs poubelles. Le coupable nâest pas forcĂ©ment le dernier arrivĂ© et le visiteur Ă©tait lĂ peut-ĂȘtre depuis plus longtemps. La meilleure approche, câest forcĂ©ment de mĂȘler dĂ©duction par rapport aux entrĂ©es et sorties (vous pouvez peut-ĂȘtre dĂ©douaner une personne ou deux) et continuer la conversation, mais ce seront surtout les tests qui orienteront votre choix. Mais ces tests Ă©tant Ă©nergivores, il ne faudra pas vous tromper.
Si vous ĂȘtes pacifiste dans lâĂąme et que vous soupçonnez une personne, vous pouvez lui remettre un bulletin de la FEMA en priant pour quâun agent passe le soir mĂȘme et la rĂ©quisitionne. Sinon, le lendemain, vous aurez fait une nouvelle victime indirectement. Il faut impĂ©rativement que les rĂ©sidents sentent que la situation ne vous Ă©chappe pas. Lâautre cas de figure que vous connaissez dĂ©jĂ , câest que vous pouvez Ă©liminer la personne suspecte. Si vous avez vu juste, il y a dĂ©sormais une image subliminale pour vous faire comprendre que vous avez bien tuĂ© un visiteur. Dans la version de 2024, on ne le savait que le lendemain, si les meurtres avaient cessĂ©. Sinon, vous aurez tuĂ© un innocent. Le visiteur sera toujours lĂ , et trop dâerreurs de ce genre pourraient laisser Ă penser que vous ĂȘtes vous-mĂȘme un visiteur⊠Dâailleurs, au moindre doute sur votre personne, vous pouvez aller dans la salle de bain pour rĂ©aliser ces tests sur vous-mĂȘme.

Le jeu est Ă©galement bien rythmĂ© et on nâenchaĂźne pas immĂ©diatement les parties (sauf dans le cas dâun test). Il n'est ni trop court, ni trop long et propose mĂȘme des Ă©nigmes pour dĂ©couvrir certains secrets, offrant mĂȘme parfois de nouvelles opportunitĂ©s. Le titre propose dix fins diffĂ©rentes. En onze heures, jâen ai dĂ©bloquĂ© six. Et lĂ , contrairement Ă la version de 2024 oĂč lâissue Ă©tait simplement narrĂ©e sur un fond noir, dans celle de 2025, elle propose enfin de courtes cinĂ©matiques. Jâen ai trouvĂ© une personnellement un peu tirĂ©e par les cheveux, mais ça reste mon avis.
Au niveau de la technique, mĂȘme si câest sĂ»r que ce n'est pas lĂ qu'on attend le jeu, je le trouve quand mĂȘme gourmand pour ce quâil propose. Je pense que les dĂ©veloppeurs auraient dĂ» laisser la dĂ©mo disponible, ça ne mange pas de pain. Toutefois, je nâai subi aucun plantage, ni aucun bug durant mes sessions. De plus, Trioskaz met vraiment trĂšs rĂ©guliĂšrement Ă jour son jeu.
Soleil Vert de rage
Comme votre voisin sait que vous vivez tel un reclus, il vous prĂ©vient par tĂ©lĂ©phone quâĂ lâissue de cette journĂ©e anormalement chaude pour la saison, il passera vous voir chez vous. Ă lâarrivĂ©e du crĂ©puscule, comme prĂ©vu, il vient toquer Ă votre porte et vous explique quâil tient de sa sĆur diffĂ©rentes informations sur une anomalie concernant les radiations solaires, et vous parle Ă©galement dâun phĂ©nomĂšne Ă propos de "visiteurs".
Toutefois, comme il se fait tard, il approfondira le sujet le lendemain pour aborder les consignes Ă suivre pour survivre les jours qui viennent. Mine de rien, on vient dâexplorer la plus grosse mĂ©canique du jeu la nuit, qui tient son inspiration du roman graphique, et vous permet dâen savoir un peu plus sur votre interlocuteur Ă la porte en lâinterrogeant, ce qui donnera souvent lieu (mais pas toujours) Ă des choix binaires, du genre « Entre, mon gaillard ! » ou bien « Tu devrais quitter les lieux ».
Le Jour d'aprĂšs la venue du voisin
Le matin arrive et vous vous rĂ©veillez dans une chaleur Ă©touffante (supposĂ©e) devant le journal tĂ©lĂ©visĂ© qui vous annonce que tous les citoyens doivent rester chez eux la journĂ©e, du fait de l'activitĂ© solaire intense et de lâĂ©tat dâurgence qui a Ă©tĂ© instaurĂ©. Toute ressemblance avec des faits ayant existĂ© serait purement fortuite et ne pourrait ĂȘtre que le fruit d'une pure coĂŻncidence.Ce sera votre routine du matin. Dâailleurs il ne faudra pas hĂ©siter Ă la regarder autant que faire se peut. Non seulement pour vous abrutir, mais Ă©galement pour rĂ©cupĂ©rer des numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone qui pourront sâavĂ©rer fort utile par la suite. Inutile de les Ă©crire sur un papier, ils seront automatiquement notĂ©s sur un post-it Ă cĂŽtĂ© du tĂ©lĂ©phone, et surtout ils vont changer Ă chaque run. Personnellement, ça fait presque 25 ans que jâai arrĂȘtĂ© de regarder la tĂ©lĂ©, mais je me fends toujours la poire dans les versions vidĂ©oludiques. Bon, ici moins, mais vu le sujet, câest comprĂ©hensible.

Le Fléau pour un ermite
Retournons Ă nos moutons et allons voir notre voisin sans notre cafĂ© du matin, vu quâil a squattĂ© la cuisine cette nuit le bougre, histoire de terminer cette conversation entamĂ©e la veille. En gros, il vous encourage fortement Ă accueillir des personnes qui demandent refuge et qui pourront toujours vous donner des informations utiles. Mais on comprend notamment quâil ne faut en rĂ©alitĂ© pas se retrouver seul, et surtout Ă constamment rĂ©pondre quâil y a des gens prĂ©sents chez vous, si une personne de passage Ă votre porte vous pose la question.Bien Ă©videmment, il faudra sonder les personnes hĂ©bergĂ©es chez vous pour voir si vous nâavez pas accueilli malencontreusement un visiteur. Chaque examen vous consommera une barre dâĂ©nergie. En revanche, le papotage, lui, ne fatigue plus comme câĂ©tait le cas dans VHS: Anthology. Dâailleurs, le fait dâĂ©changer avec vos rĂ©sidents est parfois moins profond, je trouve. Dans lâopus originel, le contexte jouait plus Ă propos de lâauthenticitĂ© concernant lâexistence mĂȘme de ces visiteurs, et ce quâils sont en rĂ©alitĂ©. Mais nous y reviendrons.

Votre voisin vous encourage Ă jeter un Ćil dehors la nuit. Vous avez des provisions et ĂȘtes en capacitĂ© de survivre en attendant que le gouvernement trouve un moyen de mettre tout le monde Ă lâabri. Il faut ainsi ne pas sâexposer au soleil,
La vĂ©ritĂ© est ailleurs, si jây suis
Le jeu sâĂ©tale sur un nombre de jours limitĂ© et il nây a pas de Game Over Ă proprement parler. Suivant vos actions durant la pĂ©riode qui sâĂ©coulera, vous vous rapprocherez dâune issue ou dâune autre. Alors oui, il y aura de "meilleurs" achĂšvements que dâautres, mais dans une Ćuvre de science-fiction ou dâhorreur, jâai toujours prĂ©fĂ©rĂ© lorsque ça se termine mal. Et contrairement aux films Ă©tats-uniens dâĂ©poque qui tiraient pour la plupart la base de leur inspiration du climat de la guerre froide, ici ce nâest pas le cas vu que les sept membres du studio Trioskaz appartiennent eux Ă lâex-bloc soviĂ©tique. Lâinspiration doit trĂšs probablement venir de lâĂ©pisode pandĂ©mique de 2020. Nous pouvons ainsi ressentir la mĂȘme paranoĂŻa quâil pouvait y avoir dans un film comme The Thing de John Carpenter, mais avec une connotation plus sociĂ©tale plutĂŽt que du fait de fortes tensions gĂ©opolitiques, Ă mon sens.Le protagoniste que vous jouez est une personne qui vit isolĂ©e chez elle. Vous aurez la possibilitĂ© dâavoir plus dâinformations sur son passĂ©, mĂȘme si ce nâest pas la partie la mieux Ă©crite, je trouve. Et câest dâailleurs sur ce point que je regrette parfois un peu la version de VHS, dans le sens oĂč par exemple, nous avions des discussions plus poussĂ©es avec certains occupants Ă propos des visiteurs. On pouvait lĂ©gitimement se demander si ce nâĂ©tait justement pas cette paranoĂŻa qui avait créé ce phĂ©nomĂšne, peut-ĂȘtre Ă partir dâune rumeur. La version de 2025 de No, I'm not a Human rĂ©pond trop rapidement Ă cette question, laissant peu de place au doute concernant lâexistence de ces crĂ©atures. Je ne vous rĂ©vĂšle rien, câest prĂ©sent dans les bandes-annonces. Toutefois, cette fois-ci, vous avez diffĂ©rentes versions possibles sur leurs origines. Câest en cela qu'il y a un lĂ©ger changement dâapproche.
L'Antre de la folie Ă plus de deux
AprĂšs chaque rĂ©veil en dĂ©but de journĂ©e, vous avez le droit Ă un rituel rodĂ© avec votre sĂ©ance tĂ©lĂ©visuelle matinale. Vous sortez de votre chambre et vous vous retrouvez dans le couloir. Il sâagit en rĂ©alitĂ© du hub entre les diffĂ©rentes parties de la maison et câest le seul endroit (ou pas) vĂ©ritablement modĂ©lisĂ© en 3D oĂč vous circulerez en vue subjective. Vous pourrez visiter les piĂšces de votre maison (le salon, la salle de bain, le placard, le bureau et la cuisine) et elles ne seront accessibles que la journĂ©e. Câest lĂ que "sâentasseront" les personnes que vous aurez accueillies, rĂ©servant votre chambre pour votre seule intimitĂ©. Hum, sauf dans un cas, mais je nâen dirai pas plus.
Câest dans ce couloir que vous pourrez avoir accĂšs Ă la radio, qui est une nouveautĂ©. Vous devrez trouver une station fonctionnelle en passant de la bande AM Ă celle de la FM histoire dâen savoir plus sur ce qui se passe. L'appareil contribue fortement Ă cette atmosphĂšre dâangoisse rĂ©ussie, par la diffusion de messages relatant des faits supposĂ©s et exprimĂ©s dans une langue Ă©touffĂ©e imaginaire elle-mĂȘme sous-titrĂ©e. Lâajout du tĂ©lĂ©phone est aussi rĂ©cent. Il vous permettra par exemple de commander des livraisons pour le soir mĂȘme (mal traduit par « demain soir »). Ces items (cafĂ©, boisson Ă©nergisante, cigarettes, etc.) vous donneront un petit bonus provisoire. Ă la rĂ©ception de la commande, vous ne pourrez plus commander avant le surlendemain. Au bout dâun moment, lâachat dâune prĂ©paration de kombucha (une boisson fermentĂ©e lĂ©gĂšrement acide et sucrĂ©e Ă base de thĂ© noir) sera disponible.

Alors, quâest-ce que le kombucha ? Au dĂ©part, câĂ©tait le seul moyen de sauvegarder sans perdre sa progression dans un jeu qui a une durĂ©e de vie de trois heures pour une premiĂšre expĂ©rience, puis moins de deux heures par la suite (la version de 2024 durait une heure). Vous nâaviez quâun bocal et câĂ©tait assez compliquĂ© dâen avoir dâautres par la suite. Malheureusement, depuis lâune des nombreuses mises Ă jour dĂ©ployĂ©es depuis que jâai commencĂ© Ă Ă©crire ce test, le jeu sauvegarde dĂ©sormais automatiquement lorsque vous le quittez, suite Ă la demande insistante de certains joueurs.
Toutefois, je peux comprendre que tout le monde nâait pas connu les rubans encreurs pour machine Ă Ă©crire dans les premiers Resident Evil. Alors, un petit conseil, si vous avez sauvegardĂ© avec le kombucha et que vous ne souhaitez pas perdre cette progression, il vous suffira de passer par le menu principal. Oui, il nây a quâun slot de sauvegarde qui sera remplacĂ© si vous quittez le jeu pour revenir au bureau Windows. En revanche, la sauvegarde "kombucha" ne sâĂ©crase plus dĂšs que vous dĂ©bloquez une fin comme avant. Câest-Ă -dire que vous pouvez enchaĂźner plusieurs fins avec la mĂȘme sauvegarde, si vous avez rempli les conditions, bien Ă©videmment.
Get Out or Get In

La nuit tombĂ©e, vous aurez accĂšs Ă trois fenĂȘtres, deux avec des stores et une avec un rideau (la prĂ©cision est complĂštement inutile, et en plus jâai relancĂ© le jeu pour vĂ©rifier). Sur la premiĂšre partie (parce que oui, vous risquez dâen faire plus dâune), vous ĂȘtes invitĂ© Ă regarder tous les soirs lâĂ©volution de la situation. LĂ encore, nous sommes dans un roman graphique, mais les Ă©vĂ©nements deviennent de plus en plus dĂ©concertants. Le style mĂ©lange habilement dessins et photographies retouchĂ©es, ce qui donne une direction artistique Ă la fois atypique et lugubre. Ajoutons cela au ton inquiĂ©tant des musiques nocturnes et cela en devient vite trĂšs malaisant Ă souhait.
Nous arrivons Ă la premiĂšre partie de la phase de jeu qui est la porte dâentrĂ©e. Plusieurs fois, on toquera Ă votre porte. Dans le judas optique, vous verrez votre interlocuteur. Ce seront souvent des gens qui vous demanderont refuge. Vous avez en gros la possibilitĂ© de poser deux questions (parfois plus). Ensuite, Ă vous de prendre la dĂ©cision de les laisser entrer chez vous ou non. Sur votre premiĂšre partie, ça peut en dire beaucoup sur vous. Si vous refusez dâabriter la personne, elle peut vous proposer un item pour vous faire changer dâavis. De la mĂȘme maniĂšre, si vous en acceptez une, elle peut vous demander dâen faire partir une autre qui la dĂ©range. LĂ encore, vous ĂȘtes seul maĂźtre Ă bord.

Tout ne sera pas aussi simple, vous vous en doutez. Il y a des personnages qui apparaĂźtront pour vous donner lâopportunitĂ© de dĂ©bloquer dâautres fins. Car oui, il y a des Ă©vĂ©nements cachĂ©s qui demandent de remplir plusieurs conditions pour les valider. De plus, la nuit, vous risquerez aussi votre vie, car dâun cĂŽtĂ©, il ne faut pas que lâon vous prenne pour un visiteur, et de lâautre, vous ne devez pas rester seul. Et câest lĂ que la Federal Emergency Management Agency (FEMA), littĂ©ralement l'Agence FĂ©dĂ©rale de Gestion des Urgences, viendra vous casser les pieds.
Alors, bien que lâorganisme soit inspirĂ© par son homographe Ă©tats-unien, lâaction se situe en rĂ©alitĂ© dans un pays fictif, trĂšs probablement post-soviĂ©tique. Ils viendront rĂ©guliĂšrement rĂ©cupĂ©rer des rĂ©sidents pour leur faire subir un examen, vous forçant ainsi Ă ĂȘtre parfois moins regardant sur les entrĂ©es, ce qui pourra poser problĂšme la journĂ©e, comme vous vous en doutez. Lâagent qui reprĂ©sente cet organisme et qui porte une combinaison de protection de type bactĂ©riologique, ce qui nâest pas rassurant vous en conviendrez, vous donnera parfois un bulletin FEMA qui sera utile pour la journĂ©e. On y reviendra.

Bienvenue Ă Cadavreland
La journĂ©e, câest une autre paire de manche, car en dessous dâun certain nombre de rĂ©sidents, il est possible que vous ayez accueilli un visiteur sans le savoir. Sachant quâĂ chaque partie, vous aurez rarement les mĂȘmes individus, et quand bien mĂȘme, un humain sur un run peut ĂȘtre un visiteur sur un autre. Oui, ça fait un peu penser au jeu Blade Runner, oĂč les PNJ pouvaient ĂȘtre ou non des RĂ©pliquants dâune partie Ă lâautre. Vous avez donc la possibilitĂ© dâaller visiter les piĂšces oĂč sont les personnes que vous avez recueillies pour essayer dâen savoir plus, histoire de prĂ©venir plutĂŽt que de "guĂ©rir".La premiĂšre Ă©tape consiste Ă discuter avec eux. Ăa ne consomme pas dâĂ©nergie. Ensuite, vous allez pratiquer des examens plus poussĂ©s si vous soupçonnez quelquâun. Sauf que la tĂ©lĂ© vous donne un signe distinctif par jour, et les premiers ne sont pas pertinents du tout, sachant quâils vous coĂ»tent une barre dâĂ©nergie (sur deux, trois ou quatre !). Par exemple, le premier indice est que les visiteurs ont les dents parfaitement blanches (!). Au fur et Ă mesure, cela sâĂ©toffe, mais vous comprendrez quâau dĂ©but, si quelquâun se trouve avoir les dents blanches, vous allez avoir un gros doute. Quoi quâil en soit, soit vous laissez pisser, soit vous dĂ©gainez votre fusil Ă pompe. MenacĂ©, votre rĂ©sident essaiera de vous fournir des explications. Ă vous de le croire ou non.

Ăa se complique lorsque vous vous rĂ©veillez en sentant une dĂ©testable odeur de cadavre. LĂ , plus aucun doute, vous avez un ou plusieurs visiteurs. Du reste, vous retrouvez alors un de vos gentils rĂ©sidents soigneusement emballĂ© dans des sacs poubelles. Le coupable nâest pas forcĂ©ment le dernier arrivĂ© et le visiteur Ă©tait lĂ peut-ĂȘtre depuis plus longtemps. La meilleure approche, câest forcĂ©ment de mĂȘler dĂ©duction par rapport aux entrĂ©es et sorties (vous pouvez peut-ĂȘtre dĂ©douaner une personne ou deux) et continuer la conversation, mais ce seront surtout les tests qui orienteront votre choix. Mais ces tests Ă©tant Ă©nergivores, il ne faudra pas vous tromper.
Si vous ĂȘtes pacifiste dans lâĂąme et que vous soupçonnez une personne, vous pouvez lui remettre un bulletin de la FEMA en priant pour quâun agent passe le soir mĂȘme et la rĂ©quisitionne. Sinon, le lendemain, vous aurez fait une nouvelle victime indirectement. Il faut impĂ©rativement que les rĂ©sidents sentent que la situation ne vous Ă©chappe pas. Lâautre cas de figure que vous connaissez dĂ©jĂ , câest que vous pouvez Ă©liminer la personne suspecte. Si vous avez vu juste, il y a dĂ©sormais une image subliminale pour vous faire comprendre que vous avez bien tuĂ© un visiteur. Dans la version de 2024, on ne le savait que le lendemain, si les meurtres avaient cessĂ©. Sinon, vous aurez tuĂ© un innocent. Le visiteur sera toujours lĂ , et trop dâerreurs de ce genre pourraient laisser Ă penser que vous ĂȘtes vous-mĂȘme un visiteur⊠Dâailleurs, au moindre doute sur votre personne, vous pouvez aller dans la salle de bain pour rĂ©aliser ces tests sur vous-mĂȘme.
Rendez-vous avec la peur et avec la fin
Soyons honnĂȘtes, nous sommes en prĂ©sence d'un jeu de niche narratif et minimaliste qui ne plaira pas Ă tout le monde. Malheureusement, lâĂ©criture est un peu inĂ©gale. Toutefois, ça nâentame en rien lâexpĂ©rience. Les personnes rencontrĂ©es sont toutes atypiques, mĂȘme si je suis du genre Ă penser quâil nây a pas de normalitĂ©. On a affaire Ă des individus qui ont souvent diffĂ©rents problĂšmes psychiques, et câest bien la difficultĂ©. Confondre un visiteur avec une personne qui rencontre de rĂ©elles problĂ©matiques sanitaires et/ou sociales peut arriver facilement, d'autant plus quâun mĂȘme protagoniste peut ĂȘtre un humain sur une partie, et pas dans une autre, ce qui forcĂ©ment crĂ©e encore plus de confusion. Lâentreprise est donc assez bien rĂ©ussie de ce cĂŽtĂ©-lĂ .
Le jeu est Ă©galement bien rythmĂ© et on nâenchaĂźne pas immĂ©diatement les parties (sauf dans le cas dâun test). Il n'est ni trop court, ni trop long et propose mĂȘme des Ă©nigmes pour dĂ©couvrir certains secrets, offrant mĂȘme parfois de nouvelles opportunitĂ©s. Le titre propose dix fins diffĂ©rentes. En onze heures, jâen ai dĂ©bloquĂ© six. Et lĂ , contrairement Ă la version de 2024 oĂč lâissue Ă©tait simplement narrĂ©e sur un fond noir, dans celle de 2025, elle propose enfin de courtes cinĂ©matiques. Jâen ai trouvĂ© une personnellement un peu tirĂ©e par les cheveux, mais ça reste mon avis.
Au niveau de la technique, mĂȘme si câest sĂ»r que ce n'est pas lĂ qu'on attend le jeu, je le trouve quand mĂȘme gourmand pour ce quâil propose. Je pense que les dĂ©veloppeurs auraient dĂ» laisser la dĂ©mo disponible, ça ne mange pas de pain. Toutefois, je nâai subi aucun plantage, ni aucun bug durant mes sessions. De plus, Trioskaz met vraiment trĂšs rĂ©guliĂšrement Ă jour son jeu.
Ă travers une histoire dâhorreur, le jeu aborde diffĂ©rentes problĂ©matiques sociales. Nous avons bien affaire Ă une critique de la sociĂ©tĂ©, peut-ĂȘtre pas aussi bien orchestrĂ©e quâun film de George Romero pour le cinĂ©ma par exemple, mais qui, de par lâinteractivitĂ© du mĂ©dia, permet une meilleure prise de recul sur soi-mĂȘme. Allons-nous prendre pour argent comptant ce que disent les mĂ©dias lorsque câest absurde ? Allons-nous croire les thĂ©ories que nous balancent les radios pirates ? Sans parler de tous les choix cornĂ©liens au fur et Ă mesure que le temps passe. No, I'm not a Human fait parti des ovnis dans le jeu vidĂ©o comme sait le produire la scĂšne indĂ©pendante. Fort de son ambiance incroyable, il sâest enrichi et bonifiĂ© avec cette nouvelle sortie, bien que la copie ne soit bien Ă©videmment pas parfaite. Mais ce que lâon attend de lui, câest-Ă -dire nous plonger dans une narration dâhorreur psychologique, il le fait bien. Rien dâĂ©tonnant Ă ce quâil se soit Ă©coulĂ© Ă 100 000 exemplaires.