Daemon X Machina creuse un Titanic Scion interfessier

Les pĂ©dants et les rĂ©acs dĂ©finissent le jeu vidĂ©o comme une profonde perte de temps. Sâil est assez facile de leur donner tort aujourdâhui en citant de multiples Ćuvres vidĂ©oludiques majeures, il arrive de temps en temps de tomber sur des jeux pouvant confirmer lâadage. Cherchant Ă assouvir une soif de gros robots depuis ma dĂ©couverte dâArmored Core VI: Fires of Rubicon il y a deux ans, il est assez logique que je me sois prĂ©cipitĂ© sur ce Daemon X Machina: Titanic Scion, allĂ©chĂ© par les trailers plein de nervositĂ©, dâItano Circus et de strafes aĂ©riens. Quelle ne fut pas ma surprise en dĂ©couvrant que les pĂ©dants et les rĂ©acs avaient raison : le concentrĂ© dâadrĂ©naline que lâon mâavait vendu nâĂ©tait en fait quâune profonde perte de temps.
Rends l'argent, François Scion
Je chouine souvent dans mes articles mais au fond, je suis un homme simple : jâaime les jeux vidĂ©o nerveux demandant une attention de tous les instants, contentant mon cerveau reptilien. Donnez-moi des autos Ă conduire, des pistolets avec des chargeurs Ă vider ou des notes Ă valider en rythme et je suis sustentĂ©. Comme dĂ©jĂ mentionnĂ©, jâavais Ă©tĂ© particuliĂšrement sĂ©duit par Armored Core VI qui me procurait lâenfantine joie de tirer sur des trucs avec un fusil Ă pompe dans chaque main dâacier tout en tournoyant comme un zinzin autour de ma cible. Ajoutez Ă cela une histoire discrĂšte mais intĂ©ressante Ă suivre ainsi quâune structure en missions finalement assez rafraĂźchissante qui va droit au but et vous obtenez un trĂšs bon jeu vidĂ©o de gros robots.En thĂ©orie, câest ce que les Daemon X Machina semblent vouloir proposer : Kenichiro Tsukuda, le producteur, a mĂȘme bossĂ© sur la sĂ©rie de FromSoftware ! Malheureusement, Ă trop vouloir gainer les pectoraux sans en avoir les moyens pour dĂ©fier le doyen, ce deuxiĂšme Ă©pisode, sorti le 5 septembre dernier, finit par se les claquer.
Le titre sâouvre sur un carton nous vomissant le contexte du jeu, expliquant les forces en prĂ©sence puis nous balançant directement dans lâaction. Nous devons nous enfuir dâune station spatiale. Câest dynamique, mĂȘme si lâon voit bien que la peinture est fraĂźche avec notamment des transitions assez abruptes entre chaque sĂ©quence. On finit par sâĂ©craser sur la planĂšte dâen dessous et câest lĂ que les ennuis commencent. Le jeu est en fait un monde ouvert un peu moche, oĂč lâon se dĂ©place assez lentement et oĂč notre avatar passe son temps Ă parler pour ne rien dire. Nos acolytes ou les boss blablatent pendant lâaction et il y a de nombreuses cinĂ©matiques pour un scĂ©nario cousu de fil blanc inspirĂ© de Xenoblade Chronicles.

Ajoutez Ă cela un personnage se comportant comme un immense trouduc en dĂ©but de jeu : il y a des dialogues Ă choix multiples oĂč lâon nous propose trois variantes de rĂ©ponses de connard, plus une rĂ©ponse â...â peut-ĂȘtre encore plus impolie que les prĂ©cĂ©dentes. Un super moyen pour ne pas sâattacher Ă son avatar et Ă sa quĂȘte, ce qui est dâautant plus dommage que lâon peut le personnaliser Ă sa guise. Câest dâailleurs un des arguments de vente du jeu : nous pouvons customiser notre armure, l'Arsenal, jusquâau bout des boulons, car oui, nous ne contrĂŽlons pas un gros mecha mais bien un bonhomme dans une armure Ă la Anthem.
Mon mecha moi
Au-delĂ de lâaspect cosmĂ©tique, nous pouvons nous balader avec beaucoup dâarmes et dâoutils, alterner entre fusils et Ă©pĂ©es laser pour parer Ă toutes les situations. Si cela ne suffit pas, il est possible de configurer diffĂ©rentes builds en fonction de ce qui va nous arriver. On peut aussi personnaliser les piĂšces de son armure et ajouter de petits modificateurs. Tout cela se trouve dans les coffres qui traĂźnent un peu partout dans les diffĂ©rents mondes ouverts disponibles ou directement en lootant les ennemis. Ajoutez Ă cela un systĂšme de mutations permettant de customiser encore plus les mouvements et aptitudes disponibles et vous obtenez une profonde boĂźte Ă outils pour vous construire le mecha de vos rĂȘves.
Nous avons donc un scĂ©nario trĂšs prĂ©sent, un systĂšme de personnalisation dans lequel se perdre mais quâen est-il des sensations de jeu ? Eh bien, ce nâest pas terrible, mon bon lecteur ! Mis Ă part la course au sol et son Ă©quivalent en vol, nous sommes globalement sur du gros pĂ©tard mouillĂ©. La palette de mouvements est assez riche, avec de brusques esquives et glissades au sol ainsi que la possibilitĂ© de se saisir dâobjets pour les balancer dans la binette des ennemis. Malheureusement, ces dĂ©placements sont limitĂ©s par des jauges assez radines nous empĂȘchant de nous amuser.
Les armes sont tout aussi frustrantes, Ă©tant littĂ©ralement des pistolets Ă bouchons sans aucun punch. Les fusils Ă pompe ont une portĂ©e de trente centimĂštres, le fusil dâassaut tire une balle tous les quarts dâheure et les mitraillettes, qui disposent des meilleures sensations dâimpact, doivent ĂȘtre rechargĂ©es en permanence (ce qui prend trois plombes). Reste les armes aux corps-Ă -corps qui sâen sortent mieux mais qui mettent en Ă©vidence la gestion complĂštement folle de la camĂ©ra.

Caméra dégoût
Les ennemis sont assez mobiles et aĂ©riens, rendant lâaction forcĂ©ment intense en terme de positionnement de camĂ©ra. Malheureusement ici, elle nâarrive jamais vraiment Ă suivre et lâaction est souvent illisible. Plus vous ĂȘtes prĂšs de lâennemi, plus celui-ci est gros et mobile, plus le sac Ă vomi sera nĂ©cessaire. LâidĂ©e est alors de tirer de loin avec les armes soporifiques mais les boss prennent souvent un malin plaisir Ă se tĂ©lĂ©porter ou Ă dasher, engendrant de brusques mouvements panoramiques. Dernier clou dans le cercueil du camĂ©raman, beaucoup de missions se dĂ©roulent dans des couloirs exigus, bloquant la camĂ©ra dans les murs et tout ce qui traĂźne.Je vais passer rapidement sur la structure du jeu. Câest un monde ouvert un peu vide et franchement vilain, qui ne propose pas grand-chose en dehors des missions principales. Celles-ci sont dâailleurs redondantes et les donjons sont souvent composĂ©s dâune suite de couloirs gris avec parfois des combats de boss et peuplĂ©s d'ennemis amorphes. Il y a une liste infinie de quĂȘtes Fedex, qui en plus de nâavoir aucun intĂ©rĂȘt, demandent Ă ĂȘtre validĂ©es une fois complĂ©tĂ©es, chose que je pensais ĂȘtre devenue illĂ©gale. Ah ! Il y a aussi un mini-jeu de minage beaucoup trop long pour son propre bien.
Techniquement, câest pas dingue non plus, avec notamment de trĂšs vilaines textures et pas mal de petits bugs par-ci par-lĂ . Un effet positif nĂ©anmoins, les boss ont tendance Ă aller se coincer entre deux cailloux, nous permettant dâaller les taper tranquillement, tout en donnant un peu de rĂ©pit Ă la camĂ©ra. Ă noter que le jeu peut se parcourir Ă plusieurs mais il s'avĂšre que je n'ai pas d'amis. Tant pis.
Câest gentil de vouloir nous offrir autant de systĂšmes, de narration et de possibilitĂ©s de customisation, mais si câest pour tout gĂącher avec un gameplay aussi mal rĂ©glĂ©, je ne vois franchement pas l'intĂ©rĂȘt. Daemon X Machina: Titanic Scion est un jeu qui sâĂ©parpille et qui nâarrive Ă maintenir l'intĂ©rĂȘt sur aucun de ses aspects : le scĂ©nario est quelconque, le monde ouvert ennuyeux et les combats mous des fesses et brouillons. Le jeu nâen vaut pas la chandelle. Allez jouer Ă autre chose.